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14/06/2017

Yves Alphé : colloque "oser parler de la mort, un cadeau pour la vie", partie 4

Raoul Pouls, de Caritas Obsèques (dirigée par Yves Alphé) : Merci docteur de ces conseils. Le rôle du corps médical est vraiment indispensable et très important au moment de la fin de vie. Pour vous Madame Haraud, effectivement ils vous ont bien aidée. Néanmoins, avez-vous été soutenue par d’autres personnes durant la phase préparatoire aux obsèques ?

RA : Le premier soutien que j’ai reçu est avant tout de ma sœur et celui de mon compagnon qui a tenu à m’accompagner ce soir et je le remercie. C’est donc autour de la famille que s’est construite la démarche de deuil (comme l’explique Yves Alphé sur son blog dédié au funéraire). Mon papa avait, à travers Le Choix Funéraire, mandaté une entreprise de pompes funèbres d’Orléans, ce qui a été de grand secours pour nous car ni lui ni moi-même n’avions idée de ce qu’il convenait de faire. C’est le conseiller funéraire que nous avons rencontré qui s’est occupé de tout. Nous l’avons rencontré dans les locaux de Caritas Obsèques (Yves Alphé). C’est lui, qui après avoir pris connaissance des dernières volontés de papa, nous a informé sur les démarches à entreprendre et proposé le déroulement possible des obsèques : déclaration de décès en mairie, soins de conservation, crémation, inhumation…toutes sortes de concepts et d’actions qui nous étaient parfaitement inconnus, que nous avons appris à connaître avec lui malgré notre douleur. Mon papa n’avait pas souhaité être accompagné par l’Église. Néanmoins, personnellement, je suis croyante et je prie tous les jours. Je suis activement persuadée qu’il y a une vie après la mort et qu’elle est pleine d’amour. Les âmes de nos défunts et celle de mon papa en particulier, sont autour de nous et de temps à autre je suis convaincue que nos morts nous envoient des signes. Il faut être attentif et savoir les reconnaître et surtout savoir les accepter.

RP : Voilà une remarque très intéressante madame Haraud. Mon père, quelle réflexion vous inspire ce point de vue ? Comment faut-il se préparer dans l’Église au départ d’un être cher ?

 Père O. de Scitivaux : Souvent on a l’impression que la volonté du défunt et les souhaits de la famille peuvent s’opposer. Ce n’est pas rare. En réalité je pense que c’est important de savoir ce que l’on célèbre et pour qui on célèbre. Certes, si la célébration est toujours organisée autour du corps du défunt, et la célébration reprend presque point par point les rites du baptême. Mais les paroles que l’on adresse sont toujours destinées à ceux qui restent. Ce sont ces personnes qui ont besoin d’être réconfortées. Et au milieu des rites funèbres souvent violents ; je pense à la mise en bière, l’inhumation ou l’incinération, la célébration prend souvent la dimension d’un temps de paix. Elle a pour but de faire entrer dans l’espérance ceux qui vivent la célébration. Pour ma part je ne crois pas qu’il soit possible de concevoir des célébrations clé en main tant il est important que la célébration corresponde à ce que l’on a pu partager lors de la rencontre avec les familles. Souvent ces rencontres sont des rencontres avec des équipes de laïques, peut-être parfois avec des prêtres. Mais de plus en plus, ce sont des laïques qui sont associés à cette mission d’accompagnement des familles en deuil. C’est vraiment là que se joue l’essentiel. Il faut être à l’écoute avant de proposer. Chaque situation, et cela a déjà été dit, est unique : la personnalité du défunt, les circonstances du décès, le traumatisme provoqué dans la famille…On ne vit pas de la même manière la mort brutale, accidentelle ou prévisible lorsque l’âge ou la maladie ont dégradé la personne. On va proposer divers types de célébrations, des textes, des chants, des musiques…qui permettront à tous de comprendre que la mort est davantage un passage qu’une fin. J’aime aussi reprendre une image de vie, celle de la naissance. Pour naître à une vie d’homme il faut passer par la mort à l’état utérin. Il en est de même je crois pour la fin de la vie terrestre. De la même manière qu’une mère parle à son enfant lorsqu’il est en elle, sans le voir, je pense qu’il est important de faire comprendre au moins au début du deuil à la famille qu’on peut parler au défunt, de manière mystérieuse. J’ai en mémoire ce petit Jacques, qui avait perdu sa maman Annie lorsqu’il avait 7 ans. Elle l’avait préparé à son départ. Un jour, en colonie de vacances, les autres enfants écrivaient à leurs parents. Jacques est allé s’asseoir au pied d’un arbre, la tête dans les mains. Je suis allé vers lui pensant qu’il avait un chagrin mais d’un grand sourire il m’a dit : « j’ai besoin d’être seul, j’écris à maman ». J’ai eu aussi d’autres expériences d’accompagnement de familles en deuil. Souvent, se faisait le regret de ne pas avoir le courage de se dire au revoir, de ne pas avoir su comment en parler afin de ne pas blesser ou faire peur. La célébration dans ces cas-là est un moyen de se dire au revoir. A travers un langage rituel, l’Eglise permet de dire l’indicible, d’oser des mots dont humainement on ne s’en sentirait pas capable et cela je le crois vrai aussi bien pour des personnes convaincues que pour des personnes éloignées de la Foi.

Yves Alphé : Merci mon père. Je me permets de réagir par rapport à ce que vous avez dit tout à l’heure. C’est assez intéressant effectivement parce que certaines personnes qui souscrivent un contrat obsèques et qui choisissent par exemple la crémation demandent à ce que leurs cendres soient dispersées en pleine nature par exemple puisque c’est tout à fait légal en France. Ils se disent qu’ainsi il n’y aura pas de problème d’entretien de sépulture ou quoi que ce soit, cela peut être tout à fait naturel comme réaction. Mais ça nous arrive très fréquemment d’être confrontés à des familles qui justement ont besoin d’un lieu pour se recueillir. C’était donc simplement un petit aparté pour dire que parfois , on ne sait plus s’il faut respecter les volontés du défunt avant tout, ou les volontés de la famille qui a besoin de vivre son deuil.

06/06/2017

Yves Alphé : colloque "oser parler de la mort, un cadeau pour la vie", partie 3

Raoul Pouls : Merci Yves Alphé pour ces précisions. Nous revenons si vous le voulez bien à madame Haraud sur les conditions de décès de son papa. Comment avez-vous appris son décès ? Quel sentiment éprouvez-vous vis-à-vis du corps médical ?

RH : Mon papa était au moment de son décès dans un service de soins palliatifs. Le jour de sa mort, mes enfants et moi-même nous nous apprêtions à lui rendre visite et au moment de partir, le téléphone a sonné. C’était l’infirmière surveillante du service qui nous a annoncé la terrible nouvelle. Durant les heures et les journées qui suivirent, le corps médical a été très présent et très attentif à nos besoins.

RP : Précisément docteur, quels conseils donneriez-vous quand l’on est confronté à une telle situation. Chaque cas étant unique, n’y a-t-il pas des points qu’il faille anticiper ?

Emmanuel David, médecin : Effectivement on peut peut-être essayer de réfléchir ensemble. De par la complexité d’accompagner un proche jusqu’au terme de sa vie et même après. Je pense qu’il y a peu de choses effectivement qu’on puisse envisager dans ce contexte-là pour soulager la peine et la souffrance.

Ma position et mon pôle ce soir est de vous donner des informations sur les ressources qui existent en particulier dans le Loiret, quelles sont les structures qui peuvent permettre d’accompagner un proche quand il est en soins palliatifs donc je fais juste une petite parenthèse pour redire ce que sont les soins palliatifs. Ce sont des parties de la prise en charge médicale quand des personnes sont atteintes d’une maladie grave dont on ne sait qu’on ne pourra pas les guérir et d’une maladie qui à terme amènera le décès de cette personne.

Ce qui veut dire qu’il y a un certain nombre de personnes dans le Loiret qui vont arriver sur ce stade de leur vie et de leur fin de vie, que les soins palliatifs vont pouvoir se prodiguer, c’est en tout cas l’objectif du législateur partout mais qui est un peu d’une dégradation.

La disposition pour nous dans le Loiret, il y a évidemment les médecins traitants, les médecins qui travaillent dans les EHPAD et puis après quand les situations deviennent plus complexes, il y a différentes structures : celles qu’on appelle les lits identifiés de soins palliatifs qui sont en fait des lits qu’on peut retrouver dans différentes structures sur le département qui sont souvent des lits dans des services de médecine ou clinique où le personnel a été un petit plus formé, ou les moyens ont été un petit peu plus majorés pour aider à la prise en charge de ces personnes qui sont en soins palliatifs. L’autre structure qui existe c’est l’unité de soins palliatifs.

Donc en fait il n’en existe qu’une sur le département, elle se situe à l’hôpital d’Orléans et elle compte 12 lits donc vous voyez de par le chiffre que je vous annonce le soin réservé aux situations les plus complexes et les plus difficiles à prendre en charge pour essayer d’accompagner au mieux ces gens au niveau des symptômes que l’accompagnement des proches. C’est un fonctionnement très particulier où il n’y a pas d’heure de visite, il n’y a pratiquement pas d’heure de repas c’est-à-dire que tous les repas sont proposés au patient en fonction du moment ainsi que soins. Donc voilà, c’est une petite unité un petit peu protégée mais qui peut permettre d’adoucir ces moments difficiles.

Donc ça c’est les ressources au niveau médical. Je pense qu’il est important dans ce contexte-là de se dire que la législation a beaucoup travaillé en particulier avant le décès et sur le choix que l’on peut avoir tout un chacun de rédiger des choses qui pourront aider le corps médical à la prise de décision. Ces reflexions ont été faites à la suite d’un certain nombre de citoyens qui ont pu dire qu’ils avaient l’impression que sur la fin de leur parcours, leur vie ou leur choix pouvaient leur échapper et qu’ils avaient des choses à dire sur la façon dont ils voulaient être pris en charge, le traitement qu’on allait pouvoir leur proposer. La réponse qui a été donnée, c’est deux choses.

Première chose, la personne de confiance. C’est une personne que le malade, le patient peut désigner et qui sera le porte-parole de ce patient si à un moment il n’est plus en capacité d’exprimer lui-même ses choix. Je donne souvent l’analogie avec la personne à qui vous donnez procuration pour aller voter. Le patient ne peut aujourd’hui plus nous dire ses choix, ne peut plus exprimer ses souhaits, est-ce qu’il vous aurait dit quelque chose à ce sujet-là ? Cela peut être sur le fait de mettre en place une réanimation, de mettre en place certains traitements ou certaines techniques pour lui. Donc c’est vraiment le porte-parole qui est désigné par écrit et la personne de confiance doit accepter et valider d’être cette personne de confiance. Donc ça c’est la première chose.

L’autre chose, vous en avez peut-être entendu parler parce que cela avait fait pas mal les actualités. Il y a eu en 2005 la Loi Leonetti qui a fait parler des directives anticipées et en février 2016 une nouvelle loi a été promulguée, la loi Claeys Leonetti et qui a eu aussi cette volonté de remettre en avant la possibilité des directives anticipées. Alors que sont les directives anticipées ? C’est se dire que, en tant que personne, on va mettre par écrit majoritairement les choses qu’on ne souhaiterait pas qu’on mette en œuvre pour nous, parce qu’on considèrerait que c’est de l’obstination déraisonnable c’est-à-dire que ça n’est pas quelque chose que nous l’on voudrait comme mettre un tuyau pour nous aider à respirer, mettre une alimentation…un certain nombre de choses.

En fait c’est la possibilité que l’on a tous de pouvoir dire ce qu’on ne souhaiterait pas ou éventuellement ce qu’on souhaiterait pour notre fin de vie. La précision, la nouveauté de cette loi 2016 c’est qu’il y a eu des décrets parus en Août et qui ont mis en place des formulaires que l’on peut retrouver sur Internet. Vous avez des extraits que vous pouvez utiliser et qui ont deux cas de figure : soit vous ne vous savez pas atteint d’une maladie ou vous vous savez atteint d’une maladie grave et incurable. Je pense que c’est quelque chose qui est important.

L’idée c’est de se dire que même sur la fin de notre parcours, on est plus en capacité de pouvoir dire des choses sur nous, on a des moyens aujourd’hui de faire passer ces messages-là avec pour le corps médical des indications pour être au plus proche du respect et des choix du patient.

26/05/2017

Yves Alphé : colloque "oser parler de la mort, un cadeau pour la vie", partie 2

Suite à l’intervention d’Yves Alphé dans le colloque « oser parler de la mort, un cadeau pour la vie », veuillez trouver maintenant celles de Raoul Pouls, lui aussi de la société Caritas Obsèques.

Avant de commencer notre colloque, nous allons prendre un petit moment de réflexion et nous souvenirs de ceux et celles qui nous ont quittés, je vais vous demander d’avoir la gentillesse de vous lever et d’observer une petite minute de silence.

[Minute de silence]

Le sujet de la mort reste un véritable tabou dans notre société, c’est pourquoi nous avons pu organiser ce soir cette manifestation. Je vais, avant que de vous les présenter remercier chaleuresment toutes les personnes qui sont sur l’estrade ce soir et qui nous ont fait la gentillesse de répondre favorablement à notre sollicitation. Il s’agit tout d’abord de Madame Haraud, de madame Marie-Chantal Roussaud, présidente de l’association JALMALV Orléans, grâce à qui ce colloque a été organisé. Madame Emmanuel David, médecin à l’hôpital d’Orléans, aux soins palliatifs, de monsieur Lenoisflayo qui est psychopraticien à Orléans, de monsieur Coupelier, notaire, de monsieur François Bourgeois et monsieur Yves Alphé, dirigeant de Caritas Obsèques.

Chacun et chacune dans son domaine d’expertise, ou à travers son expérience personnelle, contribuera à vous éclairer sur la nécessité de se préparer au mieux à l’échéance qu’est la mort, tant sur le plan familial que spirituel, philosophique, médical ou juridique. Car à défaut de dédramatiser la mort, la perte d’un être cher est et restera toujours une épreuve. Il convient d’en anticiper les conséquences pour qu’elle ne soit plus un trop lourd fardeau à porter mais que son anticipation devienne un véritable cadeau pour la vie. Il s’agit de faire tomber le tabou, c’est pour ça que nous sommes là ce soir. Vous les jeunes et les moins jeunes qui nous écouterez ce soir, sachez qu’il y a environ 500 000 personnes qui décèdent chaque année en France. Ils laissent derrière eux plus d’un million d’êtres humains dans la peine et qui sont confrontés aux affres du deuil. Le mot deuil vient du latin dolore qui signifie chagrin. Pourtant le deuil n’est pas une maladie, comme l’a dit Yves Alphé toutes à l’heure mais un processus normal dont on ne peut en aucun cas faire l’économie. En revanche, chaque deuil est unique, singulier dans sa forme et dans son fond en raison de l’attachement de la personne proche de sa famille et ses amis, de la qualité relationnelle à cette personne ou bien des circonstances de ce décès. Il va falloir s’habituer à l’absence de celui ou celle qui nous a quittés, quelquefois trop rapidement. Selon le psychiatre Elizabeth Kübler-Ross, on distingue différentes étapes dans le travail de deuil (comme l’explique Yves Alphé sur son blog). Car il s’agit bien d’un travail. Tout d’abord le déni, le choc puis la colère suivie du marchandage, de la tristesse et de la dépression et enfin l’acceptation et la reconstruction. Ce travail de deuil ne peut pas se faire en ligne droite : il y en a autant que de familles endeuillées. Chaque cas est particulier. Madame Rosine Haraud a perdu son papa en Octobre 2015, je la remercie encore d’avoir bien voulu nous rejoindre ce soir pour témoigner devant vous, ce qui croyez moi n’est pas un exercice facile.

Madame Haraud, comment avez-vous vécu le deuil de votre papa ? Etiez-vous préparée à ce départ ?

Rosine Haraud : Le départ de mon papa a été hélas une épreuve pour moi. Cette nouvelle me consternait et m’a provoquée une réelle souffrance. Je me suis sentie submergée d’émotions, mêlée de tristesse et de colère. J’avais le sentiment d’avoir été abandonnée par mon papa et j’éprouvais un vif sentiment de culpabilité, celui de ne pas avoir assez profité des moments que j’ai eu le bonheur de partager avec lui. Son départ, bien que prévisible, a été très, trop rapide. Tous les membres de notre famille et moi-même n’avons été informés de la gravité de sa maladie qu’un mois avant son décès. Jamais je n’aurais pu imaginer qu’il nous quitterait si vite.

Raoul Pouls : Effectivement un deuil, qu’il soit soudain ou prévisible est toujours une épreuve cruelle. Vous étiez-vous déjà interrogée sur la mort en général et aviez-vous parlé de la mort avec votre papa ?

RH : Je ne m’étais pas spécialement interrogée sur la mort et je n’avais pas évoqué sa fin de vie avec mon papa. Pourtant au plus profond de moi-même j’ai su qu’il avait compris qu’il allait bientôt nous quitter. Lors de nos dernières visites à l’hôpital, il était assis dans son lit et il me regardait, la colère remplie de ses yeux noirs et il m’a dit « de toute façon je vais mourir ». J’étais complètement désemparée, je suis restée silencieuse, je n’avais jamais vu mon papa comme cela auparavant. J’étais incapable de lui répondre et de lui dire que j’avais compris que l’échéance était proche. C’était trop difficile à supporter, je suis restée prostrée dans mon silence.

RP : Votre papa avait-il pris les dispositions concernant son départ ?

RH : Oui, oui. Papa avait pris ses dispositions pour ses obsèques et avait finalisé ses dernières volontés. Il ne disposait pas d’une sépulture familiale, il n’en voulait pas. Il a souhaité une cérémonie civile toute simple suivie d’une crémation au IFS et d’une dispersion des cendres au grand cimetière d’Orléans, dans le jardin du souvenir. Il a voulu partir dans un certain anonymat, ainsi a-t-on remplacé les feuilles traditionnelles par un don à l’association Arcap contre le cancer par exemple. Il disposait en outre d’une assurance obsèques dont il nous avait transmis une copie à ma sœur Louise et moi-même dans le cas où il lui arriverait quelque chose. Cette démarche a été très importante pour nous et surtout très utile dans ces moments de tristesse et de désarroi. Toutes ces démarches nécessaires étaient garanties et assurées par ce contrat. Personnellement, avec le recul de l’expérience, je recommande à tout un chacun de souscrire ce type d’assurance car les démarches sont nombreuses et les frais d’obsèques peuvent parfois être très onéreux et entrainer des difficultés financières importantes pour les familles. 

RP : Yves Alphé, pouvez-vous vous dire un petit peu ce qu’il en est au niveau des contrats obsèques ?

Yves Alphé : Oui donc il existe deux formes de contrats obsèques : le contrat en capital que l’on souscrit auprès d’une banque ou d’une assurance et le contrat en prestation qui est souscrit auprès d’un organisme de pompes funèbres, comme le nôtre. Le contrat en capital permet de bloquer une somme pour couvrir les frais d’obsèques en un seul ou plusieurs versements. Ce montant est choisi par le souscripteur sur la base d’un forfait non détaillé proposé par les banques ou les assurances. L’argent est donc placé sur un compte épargne dédié, de façon à être revalorisé chaque année afin de suivre l’évolution du coût de la vie, de la mort en l’occurrence. L’inconvénient de ce contrat, c’est qu’il n’engage pas, plus ou peu l’organisme de pompes funèbres sur toutes les prestations voulues par le défunt ou la famille au moment du décès. Donc la famille est susceptible de devoir payer des prestations en plus si elles n’avaient pas été comprises dans ce forfait. Le contrat en prestation, souscrit dans un organisme de pompes funèbres, lui organise vraiment les funérailles puisqu’il commence par l’élaboration d’un devis détaillé, du cercueil à la souscription du caveau. Il permet donc de tout organiser comme on le souhaite. La facture totale est ensuite réglée par un assureur adossée à l’entreprise de pompes funèbres. Donc Caritas Obsèques (dirigée par Yves Alphé), nous travaillons avec Le Choix Funéraire qui a un réseau de plus de 400 agences de pompes funèbres indépendantes. Ce qu’il faut savoir aussi, c’est que de plus en plus de personnes s’intéressent au contrat obsèques en France : il y aurait en 2016 plus de 3 millions de contrats signés et 10% des décès sont aujourd’hui préfinancés. Et enfin j’aimerais vous parler d’une autre façon de préparer ses obsèques à l’avance, avec notre organisme Caritas Obsèques. En effet nous avons mis en place un système tout à fait gratuit qui s’appelle « le dépôt de volontés » qui consiste à remplir un petit livret que nous avons fabriqué et qui permet à toute personne qui le souhaite de renseigner tous types d’informations sur ses propres obsèques. Ce livret ne constitue pas évidemment un contrat obsèques parce qu’il n’y a pas de financement mais il permet d’enregistrer les volontés auprès de notre organisme afin de soulager et de rassurer les membres de la famille au moment du décès. Caritas Obsèques s’engage à veiller à ce que les volontés soient respectées.