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19/12/2017

Parler de la mort aux enfants, Yves Alphé partie 1

« Dis, c’est comment quand on est mort » ? voilà une des nombreuses questions auxquelles vous pourriez bien être confrontés un jour ou l’autre.

En effet, la question de la mort est essentielle pour les petits et les grands, elle est malheureusement trop souvent mésestimée voire méconnue comme celle de la douleur et les deux font la paire, rappelle Yves Alphé de Caritas Obsèques.

Parler de la mort aux enfants est un exercice très difficile, qui demande de la part des adultes une attention toute particulière et un tact certain. Pour accompagner le mieux possible l’enfant sur le chemin du chagrin, il convient de prendre en compte un certains nombres de faits avérés et de contre-vérités qui ne le sont pas moins.

Les enfants ont peur de la mort comme les adultes. Les enfants souffrent comme les adultes de la disparition d’un être cher. Pour autant, trop nombreux sont les adultes qui considèrent que les jeunes enfants ne se rendent pas compte de ce qu’ils vivent. Cette allégation est fausse. Bien que les enfants transforment tout en jeu, il ne faut pas s’y tromper, c’est en fait une de leur manière de s’exprimer, d’exprimer leur douleur. « Avec  le temps, ils oublieront » comme cela est commode pour éviter de s’investir vis-à-vis des plus petits, qui vivent face à la mort d’un être cher, un véritable traumatisme.

Il ne faut jamais oublier que le bébé, puis l’enfant sont une personne à part entière. Certes les enfants n’ont pas une représentation concrète de la mort, mais cet évènement traumatique et ses conséquences (la peur par exemple) influent sur leur confiance naturelle en la vie et qu’ils éprouvent envers les adultes car ils ont besoin d’eux pour grandir, indique Yves Alphé.

Or trop souvent, face à leur propre deuil, les adultes oublient les enfants.  Néanmoins, les adultes doivent avoir la force de surmonter leur propre douleur pour pouvoir aider les enfants à dominer la leur. Il faut bien être conscient que les enfants ne savent pas toujours comment demander de l’aide. Les enfants peuvent alors développer des trésors d’ingéniosité pour échapper à la triste réalité, alors que les adultes ne sont pas réceptifs à leur douleur. « Ils ne jouent plus, c’est bien normal en de telles circonstances ». Ou alors, ils inventent de « faux jeux »  ce qui rassurent les adultes, parents ou soignants, et les trompent à la fois. «  Cet enfant va bien, il joue ». Or, rejeter le traumatisme de la mort d’un être cher par le jeu, quel qu’il soit, ne signifie pas que l’enfant va bien !  Au traumatisme s’ajoute le manque, le délaissement, la désolation.

Ce pose alors la question de savoir comment se transmet le trauma des parents à l’enfant. La mère a alors un rôle essentiel, car elle est la première figure d’attachement affectif, comme le rappelle Yves Alphé.

Ainsi pour accompagner l’enfant face à la mort, parents et soignants doivent surmonter leur propres traumas sans s’apitoyer, ni banaliser l’événement. Il est fondamental de savoir se mettre au niveau de l’enfant, ce qui n’est malheureusement pas toujours un exercice facile.

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