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15/11/2017

Introduction du colloque "comment parler de la mort aux enfants", Yves Alphé

TEXTE INTRODUCTIF DIT PAR Mr YVES ALPHE, DIRECTEUR DE CARITAS OBSEQUES :

Je suis Mr Yves ALPHE, directeur de Caritas Obsèques, je vous remercie de nous avoir rejoint ce soir afin de participer à cette soirée que j’ai voulu la plus utile possible pour chacun d’entre vous. Ce colloque s’inscrit dans la continuité de celui que nous avions organisé l’an dernier et qui, ayant rencontré un certain succès, nous a poussés à revenir devant vous ce soir.

 

Parler de la mort en général reste un sujet difficile pour les adultes, il en est de même pour les enfants.

 

L’annonce d’un décès reste problématique. Il suscite souvent un silence gêné, des condoléances embarrassées, voire une compassion plus ou moins appuyée. Bref, il semble que dans notre société, dite moderne, il soit difficile de trouver les mots justes.

 

C’est encore plus difficile lorsqu’il s’agit d’évoquer ce moment de la vie avec un enfant.

 

Hors, comme vous pourrez-vous en rendre compte durant l’exposé et le débat qui vont suivre, c’est le langage de la vérité qui prévaut pour qu’un enfant comprenne l’évènement qui touche sa famille. En effet, on ne s’exprime pas de la même façon avec un petit enfant, un pré-adolescent ou à un adolescent. Les mots à trouver, les attitudes à adopter dépendent de nombreux facteurs comme celui de la nature même du deuil qui frappe l’enfant. On ne peut pas généraliser la disparition d’un grand parent, celle d’un papa, d’une maman, voire d’un frère ou d’une sœur.

 

C’est tout l’enjeu de l’exposé de ce soir et du débat qui suivra. N’hésitez pas à intervenir durant cet échange et à poser toutes les questions qui vous paraîtrez utiles aux personnes qui se trouvent sur l’estrade et que je remercie chaleureusement d’avoir bien voulu répondre à notre sollicitation, afin que nous puissions tous profiter de leur expérience en la matière.

 

Je passe donc la parole à mon collègue, Mr Raoul POULS qui animera cette soirée.

12/10/2017

Nouveau colloque le 8 Novembre

colloque-participation-yves-alphe

 

Yves Alphé vous annonce sa participation à un prochain colloque le 8 Novembre 2017 à Orléans sur le thème suivant : "comment parler de la mort aux enfants ?"

Cet évènement se tiendra à l'auditorium de la médiathèque et sera suivi d'un cocktail afin de permettre à chacun de continuer à échanger après la rencontre.

L'entrée est gratuite mais les places sont limitées. Aussi, Yves Alphé vous recommande vivement de réserver en vous rendant directement sur le formulaire d'inscription du site Caritas Obsèques accessible via le lien suivant :

S'inscrire au colloque du 8 Novembre à Orléans

18/07/2017

Yves Alphé : colloque "oser parler de la mort, un cadeau pour la vie", dernière partie

Raoul Pouls, Caritas Obsèques : Madame Harraud, en ce qui concerne la succession de votre papa, comment s’est-elle déroulée ?

Madame Harraud : Pas très bien, il faut le dire. Nous avons opté pour la renonciation de succession. Là encore je me suis appuyée sur ma sœur Louise pour ces démarches dont les conséquences peuvent être très graves pour la descendance du défunt.

Raoul Pouls : Ça c’était une question épineuse, c’est un point souvent délicat notamment dans ce cas de figure. Quelle précaution est-il utile de prendre pour éviter d’éventuels problèmes ?

Maître Bougrier, notaire : Le plus important c’est de pouvoir établir avec le notaire la consistance précise du patrimoine, l’actif et bien sûr le passif. Le principe c’est que la succession est transmise aux héritiers, soit en vertu de la loi soit déterminés dans le testament. Mais un héritier a toujours la possibilité soit d’accepter la succession soit y renoncer. L’acceptation sera relativement simple effectivement, c’est l’acte par lequel l’héritier accepte de recevoir le patrimoine qui lui est transmis  mais l’acceptation pure et simple induit d’accepter l’actif mais également le passif. Et lorsqu’on a un passif supérieur à l’actif, ça veut dire qu’on peut être conduit à payer des dettes sur son propre patrimoine. Dans ce cas-là, effectivement il faut être très prudent, d’autant plus que cette acceptation pure et simple, elle peut résulter d’actes implicites. Vous allez par exemple encaisser les fonds qui sont en dépôt auprès les banques ou vous allez vendre les biens immobiliers du défunt. Ce sont des actes qui vont emporter acceptation, vous ne pouvez plus revenir en arrière. Dans ce cas-là si on a un passif supérieur à l’actif, cela veut dire que les créanciers vont pouvoir se retourner contre vous et que vous allez devoir supporter les dettes du défunt. Alors évidemment, l’héritier peut également renoncer à la succession. Dans ce cas-là c’est relativement simple en pratique puisque c’est un formulaire à adresser au tribunal de grande instance du lieu du défunt. Toutefois, des complications peuvent exister notamment lorsque les héritiers ont eux-mêmes des descendants. Ces derniers peuvent devenir héritiers à leur tour et il va falloir qu’ils procèdent de la même façon aux renonciations. Donc c’est une procédure effectivement qu’il faut suivre scrupuleusement. Troisième point, lorsqu’on a un doute sur la consistance du patrimoine, on peut avoir des craintes sur l’existence d’un passif qui ne serait pas révélé. Et donc là il y a une troisième procédure qui existe qui est l’acceptation à concurrence de l’actif net. C’est très formel, je ne vais pas rentrer dans les détails. Le notaire en charge de la succession sera en mesure de vous aiguiller et l’idée de cette procédure c’est qu’on fait une déclaration auprès du tribunal, on fait un inventaire et suite à ces deux actes, il y a une publication qui est faite au BODACC et les créanciers ont un délai de 15 mois pour se présenter, se manifester et déclarer leurs créances. Passé ce délai, s’ils ne se sont pas manifestés la créance est éteinte et deuxième conséquence, c’est que l’héritier qui a fait cette acceptation à concurrence de l’actif net ne sera pas tenu sur son patrimoine personnel c’est-à-dire que le patrimoine de la succession servira à liquider le passif. S’il reste de l’actif connu, cela reviendra à l’héritier, mais dans le cas contraire l’héritier ne sera pas tenu sur ses propres deniers.

Raoul Pouls, Caritas Obsèques : Effectivement, un point très très important qui est souvent malconnu au niveau des familles et qui peut poser de sérieux problèmes notamment aux héritiers. Donc il est très important de contacter un notaire pour ces démarches, c’est absolument indispensable. Ne faîtes pas l’économie du notaire vis-à-vis d’une succession. Merci maître pour ces explications. Je suis bien conscient qu’il aurait fallu en dire plus mais il y a quand même des points de coupure. Donc je vais demander à Madame Harraud quelle leçon de vie vous avez retiré de cet évènement majeur de la disparition de votre papa et quelle recommandation vous pourriez faire au vu de votre expérience personnelle ?

Madame Harraud : Tout d’abord, j’ai le sentiment que je ne ferai jamais mon deuil de cet évènement. Toutefois je sais au fond de moi qu’avec le temps le chagrin s’estompera. Je me console en me disant que j’ai eu la chance de vivre de très bons moments avec mon papa mais ça n’est jamais assez. Je remercie mon papa pour tout l’amour qu’il m’a offert, pour ses conseils, ses encouragements, sa joie de vivre qui m’ont comblée tout au long de ma vie. J’ai bien pris conscience que la vie peut s’arrêter du jour au lendemain. Elle est trop courte et parfois elle ne tient à presque rien. Il faut donc en profiter à chaque instant comme un don partagé avec nos proches. Il faut leur dire combien nous les aimons et ce, de leur vivant. C’est pour moi le message le plus important. Ensuite il faut préparer l’inéluctable par le dialogue. L’échange au cœur de la famille me semble très important. Ainsi, oser parler de la mort par toutes les parties prenantes (médecin, familles, prêtres, associations) est à mon sens indispensable pour être réellement un cadeau pour la vie.

Raoul Pouls, Caritas Obsèques (dirigée par Yves Alphé) : je m’adresse au dernier rang, les plus jeunes qui sont là ce soir et c’est bien qu’il y ait des jeunes ce soir parce que demain, c’est eux qui vont être confrontés à ces problèmes. Donc n’hésitez-pas à parler avec vos ainés de ce moment. Chateaubriand a écrit un jour « Lorsque ma mère m’infligea la vie », il aurait pu rajouter « et me condamna à mort ». Nous sommes tous condamnés à mort à plus ou moins brève échéance. Le dialogue est le seul moment où vous pourrez partager avec vos ainés et vous préparer. C’est vraiment le but de cette soirée. Merci madame Harraud pour votre témoignage, c’est une épreuve difficile. Vous avez accepté de venir témoigner. Quand on vient devant des personnes que l’on ne connait pas et qu’on dit des choses aussi intimes, ça n’est pas un exercice facile. Vous avez eu le courage de répondre oui. D’autres personnes m’ont dit non quand je les ai sollicitées et je tenais à souligner le magnifique témoignage que vous nous avez donné ce soir et pour cela je demande à l’assistance de bien vouloir vous applaudir.

Merci à nos intervenants pour la qualité d’intervention, merci à l’équipe de la médiathèque qui nous a reçu ce soir et nous a permis d’avoir ce moment d’échange très agréable.

Applaudissements